LE CHEVALIER D'EON de Kiriko Yumeji & Tow Ubukata
Paris, 1753. Des poètes enlèvent de jeunes vierges et utilisent leur sang pour composer leur vers.
D'Éon de Beaumont, agent secret au service de sa majesté, enquête sur ce phénomène secondé par sa sour, qui peut posséder son corps et son esprit.
Et quand la fille de Louis XV est touchée par la malédiction, la traque se fait plus intense.
Quels sont ces vers mystérieux qui lui apparaissent sur le corps ? Pourquoi ne peut-elle plus que prononcer le mot "Palms" ?
Après le roman, voici la déclinaison manga de cette nouvelle version du Chevalier d'Eon, une version qui, comme nous l'avions signalé, n'est pas une redite graphique du roman, mais une suite, qui se déroule même après la série télévisée, qui elle-même fait suite au roman.
Ouf ! Vous avez suivi ? Alors, passons à la critique proprement dite !
Sur Elbakin.net, on apprécie assez le "petit" éditeur Asuka , qui réussit souvent à surprendre.
Eh bien, c'est une nouvelle fois réussi ! Nous nous retrouvons là dans un récit qui parvient à nous happer rapidement, avec d'ailleurs une bonne dose d'horreur, voire de gore, ni plus ni moins, sur certaines cases, non sans oublier un peu d'humour, aux mécanismes classiques mais efficaces, et surtout assez bien trouvé pour relâcher un peu la tension, et nous permettre au passage d'ingurgiter la masse d'informations qui nous est ici transmise.
Sur le plan des dessins, Kiriko Yumeji, qui signe là son premier manga - et on se demande s'il s'agit vraiment d'un rêve pour elle en lisant son mot en postface ! La pauvre semble avoir été écrasée pa la pression - réalise quoi qu'il en soit un travail des plus honorables, et entraîne ce manga vers les rivages d'un autre mangé publié par cet éditeur : Pilgrim Jäger !
Un cadre historique réaliste, de l'ésotérisme, une atmosphère qui flirte avec des ambiances gothiques, une volonté de faire sombre...
Des ingrédients que les deux seinens en question partagent, mais que l'on serait prêt à trouver mieux assaisonnés ici, et dès le premier tome.
Que ce soit sur des questions de rythme ou même donc de dessin, pour un rendu un peu moins crayonné et donc moins fouillis, ce que l'on note également au niveau du scénario.
Preuve de son succès, le manga continue au Japon, avec déjà cinq volumes derrière lui, alors que cela n'était pas forcément prévu au départ.
Certains ont parlé d'un mélange de Hellsing et... Candy, mais oui... Farfelu, mais plutôt bien trouvé, et pas seulement sur le plan de la formule et du bon mot !
Voilà en tous les cas un manga à suivre avec curiosité.
Après trois volumes, ce titre confirme le statut de bonne surprise qu'il avait précédemment décroché avec une pointe de réserve.
La tendance est maintenant nettement marquée et prouve que dans son genre - la fantasy historique agrémentée d'une bonne louche d'ésotérisme - qui peut donner le meilleur comme le pire, le duo d'auteurs qui se cache derrière ses planches semble avoir réussi son coup, avec un feuilleton plus que sympathique à suivre et jamais prétentieux... Source : elbakin.net
UBUKATA, TOU
Scénariste
Après avoir vécu à Singapour et au Népal au cours de son enfance, il débute en tant queromancier en 1996, à l’âge de dix-neuf ans, en remportant le Grand Prix des jeunes auteurs de la maison d’édition Kadokawa avec Kuroi kisetsu («La saison noire»).
Un peu plus tard, en 2003, il récidive en décrochant le Prix du roman de science-fiction japonais avec Mardock Scramble, récit de la vengeance d’une ex-prostituée de quinze ans, aidée par un robot.
Narrateur tous terrains, Ubukata Tou travaille également comme scénariste de mangas, de jeux vidéo et d’animations.
On lui doit notamment le scénario sophistiqué de la série d’heroic fantasy, Pilgrim Jäger, qui se déroule au XVIème siècle...
BIOGRAPHIE DU CHEVALIER D'EON Charles-Geneviève-Louis-Auguste-André-Thimothée d'Éon de Beaumont, dit le Chevalier d'Éon (5 octobre 1728 à Tonnerre, France - 21 mai 1810 à Londres).
Espion, il est célèbre pour son habillement qui le faisait passer pour une femme. A sa mort, cependant, il fut reconnu par un concile de médecins, comme de sexe masculin et parfaitement constitué.
Il est le fils de Louis d'Éon de Beaumont, directeur des domaines du roi, et de Françoise de Charanton, fille d'un Commissaire Général des Guerres aux armées d'Espagne et d'Italie. Il commence ses études à Tonnerre, puis en 1743, il les poursuit à Paris, au Collège Mazarin et obtient un diplôme en droit civil et en droit canon en 1749.
Il s'inscrit comme avocat au Parlement de Paris. Il a 21 ans. Il se met à écrire, publie plusieurs Considérations Historiques et Politiques.
Remarqué par le roi Louis XV, il est nommé censeur royal pour l'Histoire et les Belles-Lettres.
Sollicité, il s'affilie au « Secret du Roi », une politique que mène Louis XV en parallèle des conseils officiels (le prince de conti, le maréchal de Noailles, Beaumarchais, M. de Tercier en font également partie).
Il est aussitôt dépêché à la Cour de Russie, pour obtenir de la tsarine Élisabeth une alliance avec la France.
Il y est dépêché comme secrétaire d'ambassade. Il racontera plus tard y avoir été «lectrice» de la tsarine sous le nom de Lya de Beaumont.
Celle-ci perça à jour le déguisement et tenta de consommer, mais il resta mou et fut traité de fou. En fait, le poste n'existe pas à la cour de Russie, et l'histoire n'apparaît qu'à l'époque où il est en Angleterre.
Il est de nouveau à Saint-Pétersbourg comme secrétaire d'ambassade de 1758 à 1760. Capitaine des dragons en 1760, il quitte l'armée en 1762 pour redevenir agent secret.
Il est envoyé à Londres en 1762, où il collabore à la rédaction du traité qui sera signé à Paris le 10 février 1763.
Sa grande habileté diplomatique lui vaut de recevoir une des plus rares distinctions du temps : l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis .
Parallèlement, il est chargé par le Secret du Roi de la composition d'un plan d'invasion sur la Grande-Bretagne, plus précisément d'un projet de descente sur l'Angleterre et le Pays de Galles dont il a reconnu les côtes avec le marquis Carlet de la Rozière.
Il est nommé par la suite ministre plénipotentiaire de l'ambassade du duc de Nivernois. À l'arrivée du nouvel ambassadeur, Claude Louis François Régnier, comte de Guerchy, il en devient le secrétaire.
Les deux hommes n'arrivent pas à s'entendre, le chevalier, imbu de l'estime du Roi, accepte difficilement les remarques de son supérieur.
Lors d'un repas, l'ambassadeur, selon le témoignage de la «victime», tente d'empoisonner son secrétaire.
Une guerre ouverte s'installe alors à l'ambassade de France, deux camps se forment et une guerre de libelle voit le jour.
Le conflit est marqué par deux procès devant la Cour de sa Majesté Britannique, dont le dernier, en septembre 1767, donne raison au chevalier d'Éon.
Sa prétendue folie devait alimenter les arguments de Treyssac de Vergy et d'Ange Goudar, deux hommes de plume aux ordres de l'ambassadeur.
La rumeur se fit persistante, alimentée par l'attitude équivoque, non-conformiste du chevalier. Son changement de sexe n'y est pas non plus étranger.
De fou, on le prétend hermaphrodite, puis femme. Les Britanniques réalisent de nombreuses caricatures du chevalier qu'ils baptisent Épicène d'Éon (noms qui sont communs aux deux sexes).
Ils vont même jusqu'à ouvrir des paris sur son sexe. Ce changement de sexe et ce travestissement supportent plusieurs interprétations, interprétations freudiennes comme des lectures purement politiques ou stratégiques.
À cette même époque, d'Éon est en liaison avec le libelliste français Charles Théveneau de Morande. En 1774, Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais est envoyé à Londres par le roi de France Louis XVI pour récupérer auprès du Chevalier d'Éon la correspondance échangée avec le feu roi Louis XV.
Après maintes péripéties, une transaction de plus de vingt pages est conclue entre eux deux qui stipule notamment la remise intégrale des documents et que la chevalière ne quittera plus jamais ses vêtements féminins.
En échange de quoi, la rente viagère lui était accordée. Les négociations ont duré quatorze mois.
D'Éon quitta Londres le 13 août 1777 et se présenta à la cour en capitaine de dragons. Une ordonnance fut prise le 27 août 1777 par le roi lui donnant ordre «de quitter l'uniforme des dragons qu'elle continue à porter et de reprendre les habits de son sexe avec défense de paraître dans le royaume sous d'autres habillements que ceux convenables aux femmes».
Il est exilé à Tonnerre, où il y resta six ans.
En novembre 1785, il regagne la Grande-Bretagne et perd sa rente. Il se retrouve dans une demi-misère et est recueilli par une dame britannique de son âge, Mrs Cole.
Il accueille favorablement la Révolution française, propose à l'Assemblée nationale de conduire une unité d'Amazones , se voit accorder un passeport, mais la déclaration de guerre du 1 er février 1793 et de lourdes dettes le contraignent à demeurer sur le sol britannique.
En 1804, il est emprisonné pour dettes ; libéré, il vivra encore quatre ans dans la misère, avant de mourir, à Londres, le 21 mai 1810.
En effectuant la dernière toilette de la défunte, on découvrit avec stupéfaction que cette vieille dame... était un homme.
Un chirurgien accompagné de plusieurs membres de la Faculté médicale de la Grande-Bretagne déclara dans un rapport médico-légal, le 23 mai 1810 : «Par la présente, je certifie que j'ai examiné et disséqué le corps du chevalier d'Éon et que j'ai trouvé sur ce corps les organes mâles de la génération parfaitement formés sous tous les rapports».
Le chevalier d'Éon est enterré dans le Middlesex...
Source : Wikipédia

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