DEVIL MAY CRY
L'histoire raconte qu'il y a 2000 ans, un démon nommé Sparda se rebella contre les forces maléfiques et enferma le seigneur du mal dans un caveau scellé.
Sparda épousa une femme humaine et eut un fils mi-démon mi-humain.
Aujourd'hui, le seigneur du mal est sur le point de se libérer.
Un seul homme est capable de l'en empêcher : le fils même de Sparda...
HISTOIRE
Devil May Cry c'est d'abord un héros. Un personnage débordant de charisme et de classe.
Un personnage qui marquera à jamais le jeu vidéo par son attitude.
Un personnage qui parvient à lui seul à faire oublier la banalité du scénario.
Ce personnage, c'est Dante, un détective de l'étrange spécialisé dans l'extermination de démons.
Etant le fils de Sparda, Dante porte en lui à la fois du sang humain et démon ce qui en plus de lui conférer des pouvoirs destructeurs, lui donne une assurance hors du commun et une décontraction à toute épreuve.
Ainsi, quelles que soient les situations dans lesquelles il se retrouve, notre homme arbore toujours des poses ultra classes et une aisance déconcertante.
GAMEPLAY
Admirablement rendue par une animation sans faille, sa désinvolture se traduit à l'écran par de nombreux mouvements rapides et précis.
Bref, il est toujours très sûr de lui. Et il a de quoi ! Affublé d'une large épée dans le dos et d'un Beretta dans chaque main, Dante commence le jeu déjà fort bien équipé.
Il trouvera par la suite d'autres armes encore plus puissantes dont un fusil et un lance-grenades. Il trouvera aussi l'épée du tonnerre et les gantelets de flamme qui pourront le transformer respectivement en Alastor et en Ifrit l'espace d'un court instant pour des attaques ravageuses.
Les techniques de combats de Dante combinent l'utilisation des flingues et de l'épée. Ainsi, on se régale à exécuter des combos mêlant les deux armes.
Par exemple, d'un revers de lame, Dante fait voler son adversaire et le maintient en l'air en le truffant de plomb !
Tout simplement jouissif !
Chaque ennemi tué laisse traîner derrière lui une quantité de sphères qui dépend directement de la technique utilisée pour l'achever.
Evidemment, les gros combos au corps à corps rapportent bien plus que les tirs à distance. Les sphères sont divisées en catégories suivant leurs couleurs.
Les rouges étant probablement les plus importantes car elles permettent d'améliorer ses armes en achetant de nouveaux pouvoirs (un peu comme dans Onimusha) ou de se procurer des items.
Les sphères vertes vous redonnent de l'énergie, les bleues augmentent votre barre d'énergie, les jaunes vous donnent une vie et enfin les violettes augmentent la jauge de pouvoir de transformation.
Si les premiers visuels du jeu distribués sur le net laissaient penser que Devil May Cry n'était qu'un nouveau Resident Evil-like (n'oublions pas non plus qu'il s'agit d'une production Shinji Mikami, créateur de Resident Evil), il n'en ait rien.
Devil May Cry est un titre cent pour cent axé sur l'action divisé en une trentaine de missions, dont beaucoup seront cachées et qu'il faudra débloquer.
Même si l'action se déroule dans un lieu unique (à savoir un château), les décors varient beaucoup au cours de la progression.
Cela dit, une constante demeure entre ces lieux : ils sont tous magnifiques. Les textures, superbes et très détaillées, sont mises en valeur par des travellings de caméra du plus bel effet et on se sent envahit par l'atmosphère néo-gothique du jeu.
Atmosphère brillamment soutenue par une bande son divine. Les passages calmes et symphoniques laissent la place à des thèmes bien plus industriels lors des combats.
Les voix sont restées en anglais mais tous les dialogues sont sous-titrés pour un minimum de compréhension.
Les décors ne sont pas fixes et plusieurs animations donnent vie à tous ces tableaux. Que ce soit simplement le vent qui agite les arbres ou des déformations plus importantes des parois du château, on est bluffé à chaque fois par la qualité visuelle offerte par ce titre.
Les caméras sont toujours placées aux bons endroits pour ne pas gêner la visibilité, et si par malheur un élément du décor venait à s'intercaler, il deviendrait automatiquement transparent.
Dante se dirige par rapport à la caméra (et non par rapport à lui-même comme dans les Resident Evil). Un détail qui tue : lors des changements de plan, il garde toujours la direction qu'il avait auparavant pour un meilleur confort de jeu.
En d'autres termes, si vous allez vers le nord en appuyant sur Haut et que la caméra passe subitement en sens contraire, vous irez toujours vers le nord tant que vous garderez la touche Haut enfoncée.
Néanmoins, Devil May Cry n'est pas le jeu parfait auquel on s'attendait. Déjà, l'absence du 60 Hz pour cette version européenne est assez dure à avaler.
Inutile de vous dire que l'on ne retrouve pas ici toute la pêche que le héros avait dans sa version NTSC. De plus, les bandes noires qui écrasent l'écran en haut et en bas, sont d'un goût très discutables.
D'autre part, le jeu connaît des passages un peu trop bourrins et répétitifs, même si certains trouveront que c'est justement eux qui donnent tout son charme au titre.
Par contre, tout le monde sera d'accord pour trouver la durée de vie bien trop faible. Chaque mission ne dure en moyenne que dix minutes.
Faites le calcul vous-même, le titre vous résistera à peine plus de cinq malheureuses petites heures ! Et même si on est toujours partant pour le recommencer, cinq heures ça fait court...
Hormis ces quelques points négatifs, Devil May Cry reste tout de même un bon jeu doté d'une réalisation exceptionnelle au service d'une jouabilité exemplaire.
Assurément l'un des titres forts de la console !
Jihem , le 14 décembre 2001 Source : jeuxvideo.com
Intro de Devil May Cry
OST de Devil May Cry

DEVIL MAY CRY 2
Tel un phénix renaissant de ses cendres, le Mal revient toujours à la vie, sous quelque forme que ce soit.
Dante, le fils de Sparda un démon rallié à la cause de l'humanité, ne le sait que trop bien.
Ainsi, tel un cerbère gardien des portes de la Terre, notre ténébreux héros reprend les armes et s'en va une fois de plus chasser la vermine satanique qui croupit au fin fond de la carcasse d'une PlayStation 2 rongée par des ténèbres assoiffées de vengeance.
Sorti en Décembre 2001 sur la dernière née des consoles de Dame Sony, Devil May Cry avait su à l'époque renouveler le genre du beat'em all en lui apportant un esthétisme hallucinant, un univers gothique, tranchant avec ce qui s'était fait jusqu'à alors, une action débridée, et surtout Dante, un héros avec un charisme renversant, véritable figure emblématique qui allait à tout jamais marquer le coeur des joueurs qui avaient eu la chance de le contrôler.
Il faut aussi comprendre que derrière ce petit bijou, se cachait l'usine à rêve, la Mecque des trips horreur/action, Capcom.
Il était donc évident que Devil May Cry ne demandait qu'à devenir une franchise lucrative qui se devait de donner des petits aux joueurs trépignant d'impatience que nous sommes.
Et bien c'est aujourd'hui chose faite, Devil May Cry 2 sort en ce mois d'avril sur le monolithe noir de Sony, Dante est bien sûr de la partie et pour la peine, il se voit affublé d'une équipière au charme plus que douteux du nom de Lucia.
HISTOIRE
Autant le dire tout de suite, Devil May Cry 2 n'est pas la suite directe du premier opus en cela que Trish n'apparaît plus dans ce volet et est remplacée au pied levé par Lucia, une jeune femme que Dante rencontrera au tout début du jeu.
Ici je soulèverai le premier problème du titre. En fait on commence l'aventure sans rien savoir de l'histoire.
On se retrouve parachuté dans une ville en ayant des objectifs à remplir et basta. Bien sûr, l'histoire évoluera par la suite, vous en apprendrez un peu plus sur Sparda le père de Dante, sur Arius, un étrange homme d'affaires ayant vendu son âme aux démons ou encore sur Lucia, mais il est un peu étrange que cet aspect des choses n'est pas été plus développé.
Vous ne trouverez même pas une bribe de scénario dans la notice du jeu, édifiant à défaut d'être stimulant. GAMEPLAY
Concernant le type de jeu, si on retrouve les nombreuses missions qui découpent le jeu en autant d'endroits différents, on note tout de même quelques petites améliorations.
La plus grosse est sans conteste les deux scénarios distincts à savoir celui de Dante et de Lucia. Le jeu comporte 2 dvds et vous pouvez aussi bien débuter l'aventure avec la rouquine qu'avec le beau gosse aux cheveux argentés.
Si les différences sont minimes (exemple : Lucia ne commence pas au même endroit que Dante, les énigmes différent un peu...), ce petit plus rajoute beaucoup à la durée de vie du titre, un des points négatifs du premier épisode.
De plus les énigmes sont plus travaillées, pas nécessairement plus dures que dans Devil May Cry, mais s'appuyant davantage sur les capacités des héros ce qui est très appréciable.
Pour le reste, il suffit la plupart du temps d'arpenter les niveaux, de venir à bout de vos ennemis et de boss monstrueux, à l'aide de votre épée, de vos deux magnums ou encore en se transformant en démon.
Une fois vaincus, vos adversaires laisseront derrière eux des orbes de plusieurs couleurs qui vous permettront d'ouvrir des portes, d'acheter des objets (de soin, de magie, de résurrection) ou bien encore d'améliorer la puissance de vos armes.
Si le jeu est très basique, il n'en est pas moins assez prenant. Ici, ce n'est pas un château qui vous ouvre ses portes mais une ville entière. Si chaque niveau est cloisonné, les écrans de jeux sont bien plus vastes que dans le premier épisode.
De plus l'ambiance de Devil May Cry 2 rappelle furieusement (du moins la première ville qu'on arpente) la cité de Léa Mundis, le havre de "paix" de Vagrant Story.
Autant dire que chaque pierre est imprégnée d'un style européen et si quelques panneaux indicateurs (sens interdits, voie sans issue...) viennent rompre le charme de cette citée médiévale, le choix visuel n'en est pas moins imposant.
Et pour ceux qui n'aimeraient pas le style, sachez que par la suite, des grottes souterraines ou une cité plus contemporaine viendront s'ajouter à la liste des endroits visitables.
D'ailleurs, on ne peut que reprocher cet état de faits, le jeu nous faisant visiter un peu plus tard une plate-forme pétrolière ou encore un immeuble cossu, ce qui est d'assez mauvais goût au regard des premiers environnements qui sont enivrants de beauté.
Etrange que Capcom ait souhaité innover à ce niveau en ne conservant pas l'ambiance gothique qui suintait littéralement de chaque pierre composant le château de Devil May Cry premier du nom.
Pour ce qui est de Dante, inutile de vous dire qu'il nous revient dans une forme éblouissante. Son design a quelque peu évolué (son visage est entre autres plus marqué) et plusieurs petits détails feront toute la différence.
Notre beau démon dispose d'encore plus d'animations renversantes, et ses mouvements sont la représentation même de la grâce.
Quand vous le verrez marcher sur les murs puis effectuer un double saut en tirant sur ses ennemis (quand Matrix rencontre Once upon a time in China), vous ne pourrez qu'être enjoué.
C'est d'autant plus vrai, que notre héros manie aussi bien ses flingues que son épée pour pourfendre ses adversaires et ce avec une aisance éhontée.
Par contre j'ai l'impression que Lucia a bénéficié de beaucoup moins de soins, au niveau du design. Cela est particulièrement visible lors de sa transformation en démon qui est bien moins belle que celle de Dante, ou tout simplement d'un point de vue général, avec son affreuse coupe de cheveux qui ne ressemble décidément à rien.
Question bande-son, c'est du pur bonheur. Les thèmes discrets, où se mêlent voix inquiétantes et sons lointains, sont parfaits pour une immersion immédiate et laissent leur place à des compositions dynamiques lors des affrontements contre vos ennemis.
Les bruitages sont également jouissifs. Les cris de vos ennemis sont déchirants, les sons de votre shotgun ou de vos flingues, criants de vérité, et une fois de plus c'est dans un délire sonore que votre aventure va se dérouler, d'autant que le doublage anglais est très bon.
Abordons la question délicate du gameplay. Avouons-le, si le jeu se doit d'être critiqué sur un point, c'est bien celui-ci.
La gestion des caméras est assez hasardeuse, avec très souvent des plans trop éloignés qui vous excluent de l'action (au sens propre comme au sens figuré) et surtout un système de lock des ennemis qui est très agaçant.
En fait, le personnage tirera sur l'ennemi le plus proche de lui et il ne vous sera pas possible de choisir votre adversaire.
Si ceci n'est pas trop embêtant contre le menu fretin, cela devient carrément énervant quand on est en face de boss où plusieurs cibles doivent être détruites.
En effet, cela joue des tours car il arrive parfois qu'on ait presque détruit une cible et que suite à un saut ou une roulade, le héros verrouille une autre cible automatiquement.
Enfin, il est vraiment regrettable que Capcom n'ait pas prévu un contrôle de la caméra, car il est fréquent que des ennemis nous tirent dessus mais que nous ne puissions pas les voir à moins d'être arrivé à une certaine distance d'eux.
Hormis ces défauts (qui gênent tout de même le plaisir de la découverte), la jouabilité est très bonne. Votre héros effectue des enchaînements de coups démentiels, saute dans tous les sens avec une grâce féline et le tout est très rapide pour peu que votre téléviseur accepte le mode 60 Hz qui manquait tant au premier épisode.
Une durée de vie rallongée (certes de façon un peu artificelle), des environnements graphiques de toute beauté (du moins dans sa première moitité), une bande-son faramineuse d'un côté et de l'autre un gameplay possédant de fortes lacunes, une gestion de caméras très moyenne, un gros manque au niveau du scénario.
Le constat peut paraître très mitigé mais si vous vous êtes éclaté dans le premier Devil May Cry, cet opus comblera vos attentes et les bémols évoqués plus haut ne vous empêcheront pas de profiter des dernières aventures en date du démon au grand coeur et de son acolyte féminime.
Logan, le 04 avril 2003 Source : jeuxvideo.com Intro de Devil May Cry 2
OST de Devil May Cry 2

DEVIL MAY CRY 3 : DANTE'S AWAKENING
Devil May Cry 3 fait partie de ces jeux qui devraient susciter pas mal de polémiques, autant chez les fans que chez ceux qui ne connaissent pas la saga de Capcom.
Prompt à prendre plusieurs idées de Devil May Cry 2 tout en s'éloignant du "mouton noir", Devil May Cry 3 choisit une approche déjantée en s'assurant au passage de faire les yeux doux à toute une génération MTV avide d'images rapides et de hard rock.
Mais si le résultat s'avère fort dynamique, le troisième épisode de la série semble parfois se perdre dans des choix étranges ou dans une réalisation qui oscille très souvent entre l'esthétique léchée et le gameplay hasardeux.
A force de vouloir plaire à tout le monde, il arrive souvent que la pluralité des situations, des atmosphères ou encore des possibilités puisse nuire à l'ensemble d'un projet.
Malheureusement, Devil May Cry 3 est un de ces titres qui se perd un peu dans une construction décousue qui n'arrive pas vraiment à s'émanciper, si on la compare rétrospectivement à celle de Devil May Cry 2 ou surtout à celle du premier Devil May Cry.
Cependant, il serait maladroit de critiquer activement cet état des choses puisque la linéarité du jeu, qui est découpé en 20 missions, est censée amener une bonne dose d'action par le biais d'affrontements nerveux se déroulant dans des endroits cloisonnés qui serviront à accentuer la fulgurance des gunfights.
Aucun doute là-dessus, Devil May Cry 3 est un vrai beat'em all avec tout ce que cela implique de scènes d'action.
De plus, le pari de cet opus était d'installer une histoire digne de ce nom, ceci ayant fait défaut à Devil May Cry 2.
Mais il se peut qu'il y ait parfois de grandes différences entre ce qu'on désire faire et le résultat final.
HISTOIRE
On peut même se demander s'il est préférable d'avoir un ersatz de synopsis ou un jeu qui repose entièrement sur ses situations.
On pourra alors me rétorquer que découvrir le passé de Dante est un bon moyen pour mieux connaître ce personnage emblématique.
Certes, et c'est pour ceci qu'il est d'autant plus dommage de constater que l'histoire n'est pas à la hauteur de ce que nous étions en droit d'espérer.
Il est ainsi agaçant de constater que Capcom aurait pu éviter bien des erreurs en recentrant son histoire sur Dante et Vergil, son frère, sans être obligé d'en appeler aux personnages d'Arkham et de Lady qui n'apportent rien à l'histoire.
On se contentera alors de deux ou trois dialogues entre les deux frèrots qui n'ajoutent quasiment rien à la mythologie Devil May Cry, ou encore quelques très belles cinématiques bien mises en scène, même si l'abus de ralenti (post Matrix) leur nuit parfois.
En somme le titre tourne davantage autour des ambitions peu avouables (et peu originales) d'Arkham qui ne recherche ni plus ni moins que la puissance absolue en faisant appel aux puissances démoniaques.
Il est d'ailleurs étrange que la relation entre Lady et Arkham n'est pas été plus approfondie, ce qui dénote clairement d'un gros manque de finition scénaristique.
GAMEPLAY
Dans tout ça, il serait idiot de juger un tel titre sur la qualité de son scénario, d'autant que Devil May Cry 3 entend plus profiter de son ambiance survoltée que de ses bribes de synopsis.
Ceci se traduit à l'écran par une atmosphère beaucoup plus rock et dynamique. Certains aimeront alors que d'autres soupireront en se remémorant le premier titre de la série.
Le choix de Capcom a été de nous donner une préquelle où Dante nous est présenté comme un véritable chien fou qui ne vit que pour l'action, que par l'action.
Question look, notre démon troque donc son aspect aristocratique contre un design très Comic Book à l'aide de vêtements plus branchés, des poses très "Hong-Kong Movie" et une "Cool Attitude" oscillant entre l'ironie et la provocation.
Ceci nous permet de retrouver un personnage irrévérencieux, dont la tchatche n'a d'égale que sa capacité à dégainer ses flingues à vive allure.
Et dieu seul sait qu'il en aura besoin puisque le titre se dote de nombreux monstres tout prêts à nous mener la vie dure.
En parlant de monstres, il est intéressant de noter que les plus belles créatures de Devil May Cry 3 proviennent directement de Devil May Cry, comme La Mort par exemple.
Les anges destructeurs sont également d'une grande beauté et côtoieront diverses créations humanoïdes ou insectoïdes qui naviguent entre le Bon et le Très Moyen.
Les Boss, eux, s'en tirent très bien et chacun d'entre eux a un petit quelque chose qui attire le regard. Dommage tout de même que la transformation d'Arkham a la fin du jeu en fasse un des monstres les plus laids jamais vus dans un jeu.
Les décors, eux, sont quasiment exempts de défauts. On regrettera malgré tout les nombreux allers-retours ou le fait que les étages d'une Tour constituent 80% des environnements du soft.
OK, la plupart des pièces existent dans deux versions (normale et délabrée) mais on ne peut s'empêcher d'être un peu déçu par le manque de variété.
Pourtant, ici aussi, Devil May Cry 3 joue un double jeu avec d'un côté une redondance architecturale et de l'autre des endroits originaux (l'intérieur du corps d'un monstre très Moby Dick dans l'âme) ou d'une sidérante beauté à l'image des décors visibles dans les missions 17 et 18 qui témoignent d'une réelle qualité artistique.
Le bilan graphique est donc très positif même s'il est clair que Capcom a joué la carte de la sûreté en reprenant quasiment à la lettre ce que Mikami avait crée dans le premier épisode.
Le système de jeu est également très intéressant même si on peut ici aussi émettre plusieurs réserves. Tout d'abord, sachez que vous retrouverez les orbes et étoiles de différentes couleurs qui vous permettront de ressusciter un certain nombre de fois, de remonter votre vie ou votre énergie maléfique, une fois que vous aurez obtenu la transformation en démon.
A ce sujet, on regrette un peu que le fait de se transformer ne vous permette plus de tirer des rayons d'énergie ou de voler, comme c'était le cas dans Devil May Cry 2.
En somme votre état démoniaque gagne en beauté mais perd en qualité pratique puisqu'il ne vous servira pratiquement qu'à courir plus vite.
Pour revenir aux orbes, vous pourrez aussi en obtenir de couleur rouge qui vous serviront à acheter des objets entre les niveaux ou en ayant accès à des statues divines que vous trouverez un peu partout dans les niveaux.
La bonne nouvelle est que le prix des items est beaucoup moins important que dans Devil May Cry 2. La panoplie d'armes (que vous pouvez upgrader) est aussi plus importante que dans le deuxième opus.
Alors qu'on retrouve toujours les doubles flingues Ebony & Evory, vous aurez droit à un fusil à pompe, une arme laser du nom d'Artemis, un nunchaku, une double épée, etc.
On pointera quand même du doigt quelques choix douteux comme le coup de la guitare électrique ou le design bien risible de Dante quand il revêt des bottes, style Pattes d'ours, lorsqu'il désire se battre à mains nues.
On se demande encore pourquoi Capcom n'a pas opté pour les simples gants comme c'était le cas dans Devil May Cry.
De plus, vous aurez la possibilité de switcher à tout moment entre deux armes blanches et deux armes à feu, après les avoir choisies avant les missions ou une fois encore par le biais des statues décrites plus haut.
On aurait aimé pouvoir opter à tout moment pour n'importe quelle arme ou style de combat mais a priori Capcom a préféré de pas trop chambouler les règles du jeu...
En parlant de ça, les différents styles de combat permettent à Devil May Cry 3 de se différencier un peu des autres opus.
Ainsi, à mesure que vous progresserez vous aurez accès à diverses techniques. On en dénombre 4 de base (Trickster, Swordmaster, Gunslinger, Royal Guard) + 2 à débloquer (Quicksilver et Doppelganger).
Chaque technique vous permettra de disposer de différents coups ou mouvements inédits. Cependant il est un peu énervant de constater que si le mode Trickster vous permet de marcher sur les murs ou d'effectuer des acrobaties, ce dernier ne bénéficie pas de toutes les figures de Devil May Cry 2, comme la pirouette de côté ou le double flip arrière.
Ensuite, si Swordmaster vous donne la possibilité d'effectuer des attaques supplémentaires avec votre épée et que Gunslinger vous autorise entre autres à tirer manuellement dans plusieurs directions, il est regrettable de voir qu'au final ce système éclate les différentes actions que Dante peut réaliser.
Il eut été préférable de choisir un système proche d'un RPG qui permette à Dante d'apprendre une technique puis de l'acquérir définitivement, sans passer par un style spécifique.
Pour ce qui est des techniques restantes, le Royal Guard vous permettra de vous défendre, Quicksilver d'arrêter le temps alors que Doppelganger sera utile pour profiter d'un double lors de votre transformation démoniaque.
La plupart des techniques disposent de trois niveaux de puissance (qui augmentera à mesure que vous les utilisez) et vous aurez droit à un mouvement supplémentaire à chaque palier.
Maintenant, vous devrez combattre comme un beau diable si vous désirez obtenir tous les mouvements de chaque technique puisque le second niveau sera atteint après 30 000 points d'EXP, le suivant vous demandant pas moins de 99 999 points d'EXP.
L'autre intérêt du jeu réside dans les combos que vous pourrez effectuer en switchant entre vos armes pour frapper rapidement un ennemi.
Ceci dit, ce système de combos pourra en lasser plus d'un, d'autant que ceux-ci ne servent pas à grand-chose, si ce n'est à dynamiser les affrontements ou à obtenir un meilleur rang à l'issue d'une mission.
A vous de voir ce qui vous intéresse le plus dans le genre. Tout ceci mis bout à bout contribue à une jouabilité entre deux eaux.
C'est d'autant plus vrai qu'on note toujours de gros problèmes de caméra qui n'ont pas étés résolus depuis le premier Devil May Cry.
Si ces soucis ne sont pas omniprésents, ils deviennent vite contraignants dans des pièces exiguës (où on ne voit plus les ennemis) ou lors des phases de plates-formes.
On dispose bien d'une gestion manuelle de la caméra à certains endroits, mais vu qu'on ne peut pas le faire quand on en a réellement besoin, c'est très irritant.
Enfin, on notera quelques possibilités peu ou pas exploitées comme les interactions avec des piliers (à deux ou trois endroits uniquement) dont Dante pourra se servir pour faire le ménage alentour.
Le résultat final est donc assez dérangeant dans le sens où chaque bonne idée semble trouver écho dans un problème.
Devil May Cry 3 est certes un bon jeu d'action mais à mon sens, vous l'apprécierez plus ou moins en fonction de ce que vous attendez d'un épisode de la série ou tout simplement si vous adhérez ou non à ses choix artistiques.
Logan, le 24 mars 2005 Source : jeuxvideo.com Intro de Devil May Cry 3 : L'Eveil de Dante
OST de Devil May Cry 3 : L'Eveil de Dante

DEVIL MAY CRY 4
Qu'on se le dise, avoir les cheveux gris ne nous destine pas simplement à entrer de plein pied dans le monde obscur et terrifiant du troisième âge.
En effet, depuis quelques années, Capcom a réhabilité la couleur platine en l'associant automatiquement à l'esthétisme outrancier, la classe stylisée et l'action effrénée.
Et ce n'est pas près de changer puisque Devil May Cry 4 reprend ce postulat en le poussant dans ses derniers retranchements pour un résultat supérieur à l'original.
Rien que ça.
GAMEPLAY
Pour son entrée dans le monde merveilleux de la haute définition, Capcom n'aura pas lésiné sur les moyens en nous sortant presque coup sur coup trois killer'app.
Ainsi, après Lost Planet et Dead Rising, la société nous offre un Devil May Cry 4 nous faisant quelque peu oublier le manque de communication, un peu inquiétant, à propos de Resident Evil 5.
Devil May Cry 4, donc, montre à nouveau le savoir-faire de la firme japonaise quand il s'agit de nous exploser les mirettes tout en ne laissant pas une seconde de répit au joueur.
Vous me direz, c'est un peu ce qu'on recherche quand on se penche au-dessus d'un épisode de la saga. Sans renouveler le genre ni même la série, ce quatrième segment prend le pari de s'ouvrir au plus grand nombre en ne délaissant pas pour autant les fans de la première heure recherchant avidement un challenge à leur hauteur.
Sur ce point, Capcom a su trouver le juste équilibre, cet élément étant souvent laissé à l'abandon par nombre de sociétés nipponnes.
Devil May Cry 4 est bel et bien un beat'em all s'inscrivant dans la continuité des précédents et forçant le respect à plus d'un titre en cela que derrière cette surenchère technique, se cachent des trésors de sensations fortes.
Tout débute par le choix du héros et quitte à plaire à tout le monde, pourquoi ne pas en choisir deux ? Bingo.
De fait, l'aventure principale s'étalant sur une vingtaine de chapitres, nous convie à diriger dans un premier temps le dénommé Nero qui laissera sa place en milieu de parcours à un Dante de plus en plus décontracté devant l'adversité.
Excellent choix de la part des développeurs vu que les deux démons sont, l'un comme l'autre, agréables à prendre en main, leurs styles de combat étant aussi distincts que leur différence d'âge.
Alors que Nero, au look fashion et au visage d'ange, mise principalement sur son bras droit répondant au nom de Devil Bringer pour propulser ses adversaires dans la stratosphère, Dante se reposera une fois de plus sur un beau panel d'armes, de styles et de mouvements associés.
Au final, le tour de force n'est donc pas d'avoir réuni deux personnages au sein d'une même aventure mais bel et bien d'avoir réussi à trouver une façon de se battre correspondant à la personnalité du héros, et inversement.
Pour la peine, rendons hommage à ces deux combattants de l'impossible à travers quelques lignes bien senties.
Honneur au plus ancien, à notre démon au grand coeur, Dante. Comme je le disais plus haut, le Devil Hunter n'apparaît qu'à partir de la mission 12 mais rattrape rapidement son retard grâce aux styles dont il pouvait déjà bénéficier dans Devil May Cry 3.
On retrouve avec délice Gunslinger, Swordmaster, Trickster et Royal Guard auxquels s'ajoute la technique, cachée, Dark Slayer.
Pour les nouveaux venus, sachez que chaque style vous permet de profiter de mouvements différents liés aux armes que vous utiliserez.
A ce sujet, en plus de Ebony & Ivory, on pourra profiter du fusil à pompe mais aussi et surtout d'un attirail nous permettant d'utiliser pieds et poings (l'ancêtre de Beowulf), de Lucifer (une arme futuriste lançant des lames énergétiques) et de Pandora, une mallette transformable en arc (à flèches explosives), en véritable machine de guerre, etc.
Plus souples d'utilisation, les styles peuvent maintenant être choisis par le biais de la croix de direction, les armes étant toujours associées aux boutons L2 et R2.
L'astuce sera alors d'en changer en pleine action pour prolonger les combos et ainsi gagner davantage d'orbes rouges pour acheter des items de soin ou des étoiles démoniaques servant à remplir votre jauge de transformation.
Cette évolution de gameplay devient alors synonyme de joutes plus explosives et jouissives, ce qui n'est pas peu dire d'autant que les problèmes de caméra sont moins nombreux.
Attention tout de même car ils sont une fois de plus au menu malgré la possibilité de bouger l'objectif de façon plus significative que dans Devil May Cry 3.
Quoiqu'il en soit, vous ne vous sentirez pas vraiment brimés durant les 10, 12 heures nécessaires pour boucler l'aventure principale, ceci valant aussi bien pour Devilboy que Nero.
En parlant de lui, notre première impression est de se dire qu'il semble bien moins équipé que le fils de Sparda dans le sens où il ne peut profiter que de Blue Rose, un gros calibre que n'aurait pas renié l'inspecteur Harry, de Red Queen, d'une épée high-tech et d'un bras droit peu avenant.
Détrompez-vous, sa panoplie de super héros (qui comprendra un peu plus tard l'épée Yamato) est bien suffisante pour terrasser le superbe bestiaire du jeu et les multiples boss tous plus réussis les uns que les autres.
Tout d'abord il faut savoir que ce fameux bras a plusieurs fonctions. La première vous servira à attraper les monstres à distance pour leur foutre une rouste titanesque.
Vous pourrez alors combiner Devil Bringer, épée et flingue pour améliorer vos enchaînements ou passer dans le dos des ennemis afin de contourner leurs défenses.
La seconde utilité de votre membre sera mise en exergue pour atteindre des prises lumineuses servant à s'élever vers des endroits inaccessibles.
Ensuite, sachez qu'en sus et place de la transformation démoniaque, Nero pourra faire appel à une sorte d'esprit guerrier qui viendra combattre à ses côtés durant un certain laps de temps.
Si vous aurez bien compris qu'il faut dès le départ laisser tomber le mode Facile afin de faire durer le plaisir, disons que Devil May Cry 4 reste plus accessible que le précédent opus.
Ceci est en grande partie dû au système de customisation des personnages. Comme dit précédemment, les orbes rouges répondent présents et sont toujours synonymes d'achats d'objets mais la nouveauté est ici liée aux âmes fières.
Qu'est-ce donc ? me direz-vous, le regard chargé d'une interrogation faisant froid dans le dos. Eh bien, ces fameuses âmes vont vous permettre d'acheter des techniques spéciales pour vos armes ainsi que des aptitudes.
Le petit plus est que si vous vous rendez compte qu'une technique ne sert pas à grand-chose, il ne tiendra qu'à vous de la "revendre" afin de récupérer vos âmes fières que vous pourrez ensuite réinjecter dans une autre technique.
On sent ici la volonté de Capcom de ne pas frustrer le joueur qui n'aura donc plus à terminer plusieurs fois le titre pour voir l'ensemble des aptitudes.
C'est encore plus flagrant lorsqu'on se rend compte qu'on obtient également des âmes fières après un game over.
HISTOIRE Finalement, si d'un point de vue jouabilité, on sent une véritable amélioration, et dans les possibilités offertes et dans le rendu des coups alliant rapidité et puissance, Devil May Cry 4 échoue simplement au niveau du scénario.
Eternel souci qui démontre bien que malgré de nouveaux personnages et un univers plus expressif que jamais, la saga de Capcom semble vouée à ne jamais décoller sur ce point-là.
En somme, c'est une fois de plus la mise en scène ébouriffante et des chorégraphies hallucinées qui masquent la pauvreté d'un synopsis s'étalant inutilement jusqu'à la fin, à grand renfort de cinématiques inutiles revenant à intervalle régulier sur l'amourette insignifiante entre Nero et une donzelle du nom de Kyrie.
Si la relation entre Nero et Dante est davantage perçue comme un rapprochement père/fils plutôt que fraternel, elle ne débouche sur rien de concret si ce n'est une sorte de passation de pouvoir via Yamato.
Bref, hormis quelques guest star du nom de Trish et Lady (effacées au possible) et deux ou trois révélations qui ne feraient même pas frétiller le fan endurci d'Ed Wood, cet épisode ne marquera pas encore la rencontre entre la série et un scénario de qualité.
Celà dit, si Devil May Cry 4 tient plus du mauvais roman de gare que du best-seller, il se rattrape en multipliant les passages d'anthologie.
Ceux-ci doivent bien entendu au charisme des personnages centraux mais aussi et surtout aux affrontements utilisant pleinement toutes les capacités de la PlayStation 3.
Difficile en effet de ne pas être pantois devant ce déferlement de puissance lorsque Dante assène un punch ou quand Nero utilise son Devil Bringer pour placer une choppe (différente selon les ennemis), spectaculaire à plus d'un titre.
De plus, si réussir des combinaisons, basées sur le matraquage de la touche Triangle et le respect d'un timing bien précis, peut demander un temps d'adaptation, tout ceci se fait dans la joie, la bonne humeur et surtout la satisfaction de savoir que tout le jeu reste à portée de pad.
Au final, si on pourra critiquer la seconde moitié de l'aventure nous demandant de revenir dans des décors déjà visités, il est difficile de ne pas encenser ce jeu qui milite pour l'action avec un grand A.
L'arrivée sur new-gen de la série est donc une vraie réussite qui, nous l'espérons, marquera une étape charnière dans la saga après avoir toutefois gommé quelques défauts pour prétendre à son statut de meilleur beat'em all actuellement disponible sur Xbox 360 et PS3.
Logan, le 05 février 2008 Source : jeuxvideo.com
Intro de Devil May Cry 4

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