DEVILMAN de Go Nagaï
Devilman (debiruman) est un manga de Go Nagaï. Publié en français aux éditions Dynamic.
Cinq volumes au total. Adapté en dessin animé ainsi qu'au cinéma en 2004.
PRESENTATION GENERALE
Go Nagaï, créateur bien connu de Goldorak a un vaste répertoire d'oeuvres.
Alors qu'en France il est surtout connu pour ses mechas, aux États-Unis, ce sont ses ouvres les plus violentes ou érotiques, en bref les plus irrévérencieuses, qui attirent l'attention.
Au Japon, toutefois, son ouvre la plus connue n'est autre que Devilman, oeuvre beaucoup plus méconnue en France, mais qui a malgré tout eu droit à la sortie du manga et des OAV dans des éditions très confidentielles, respectivement chez Dynamic pour le manga (5 volumes) et Manga Vidéo pour les OAV.
LA GENESE
La première ouvre du jeune créateur aura lieu dans un période assez particulière, 1968. La révolution des moeurs est en marche partout, en Europe ou aux États-Unis, mais aussi au Japon où les protestations des étudiants ou des intellectuels contre la guerre du Viêtnam ou l'absence de respect de la nature se font particulièrement fortes.
C'est en cette période que naît un hebdomadaire qui connaîtra un succès sans cesse croissant : le Shônen Jump.
C'est Go Nagaï qui lui apportera son premier grand succès, avec «Harenchi Gakuen» (le lycée dévergondé), ouvre où professeurs exhibitionnistes et lycéens pervers se côtoient.
Oeuvre nouvelle et particulièrement choquante pour l'époque, elle sera même considérée subversive par certains comme la PTA, association parentale pour la protection de la jeunesse qui accuse l'oeuvre de pornographie, ou encore par certains professeurs qui n'apprécient pas du tout la critique très dure qui est faite du système scolaire.
Mais les plaintes de la PTA ne pourront aboutir, car malgré la représentation de la nudité, la série est une oeuvre comique et non érotique.
Même certains de ses aînés mangakas apprécient très peu ses représentations d'une femme forte et non plus reléguée au rang de potiche.
Ainsi, dès sa première oeuvre, Go Nagaï s'imposera comme un mangaka révolutionnaire assez mordant et cru qui provoque l'opprobre des biens-pensants.
Alors que le public plébiscite l'oeuvre, les plaintes incessantes troublent le jeune mangaka qui cauchemarde toutes les nuits.
«Alors je décidai que ma prochaine BD serait destinée à un public plus adulte, et qu'elle mettrait en évidence ce côté sombre de la société : l'intolérance, les idées reçues, les a prioris. C'est comme ça qu'est né Devilman.»
SYNOPSIS
Akira Fudô, jeune garçon froussard et peu sûr de lui, est incapable de défendre son amie agressée par des voyous.
C'est alors que son ami d'enfance Ryô vient à son secours armé d'un fusil. Sa présence est toute sauf forfuite ; il est venu le chercher pour lui révéler sa terrible découverte : les démons existent et sont sur le point de se réveiller de leur prison polaire (l'enfer des glaces auquel Dante avait assisté).
Anciens habitants de la terre, vivant auparavant dans une période de guerre perpétuelle où seule la loi du plus fort existait et où chaque jour apportait son lot de massacres quotidiens, les démons commencent même à fusionner avec les hommes.
Ce fut le cas du père du père de Ryô : grand chercheur devenu à moitié fou, il commença à massacrer leurs animaux domestiques avant de vouloir s'en prendre à son fils, puis décida finalement de mettre fin à ces jours en se brûlant vif tant qu'il lui restait un semblant de raison.
Ryô avertit Akira : le seul moyen de combattre les démons sera d'en devenir un. Pressés par le temps et l'apparition des premiers démons, ils se retrouvent obligés d'organiser un sabbat, une messe noire comme l'explique Ryô à son ami incrédule et naïf.
Mais sa résolution est prise, même si c'est au coût de sa vie ou de son humanité il deviendra un homme-démon, seul rempart de l'humanité contre cet ennemi préhistorique.
Par la suite, Akira devra tout faire pour préserver son humanité. Sa foi en la race humaine sera mise en doute par la panique générale qui sera créée par l'arrivée des démons, où une inquisition moderne s'érigera en protectice de la société et où la délation sera devenue une méthode courante.
Une atmosphère trouble de paranoïa, de haine et de méfiance rappelant les heures sombres de l'histoire humaine.
L'homme saura-t-il faire front contre l'ennemi ou au contraire son propre égoïsme, sa propre peur et sa propre bêtise le conduiront-ils à sa destruction ?
UNE OEUVRE MAJEURE
D'après Nagaï : «Je suis l'auteur de Devilman et, malgré tout pendant sa création, je me suis senti comme poussé par une force invisible. Il n'y a pas de justice dans la guerre, aucune guerre, il n'y a non plus aucune justification à ce qu'un être humain en tue un autre. Devilman porte un message de mise en garde, tandis que nous marchons vers un futur radieux.»
Amon étant aussi l'ancien amant de Satan, cela donnera lieu à un amour et un combat aux conséquences dantesques.
Déchiré entre ses pulsions et son humanité, son amour pour la race humaine et son nouveau côté démoniaque, quels seront les choix d'Akira ?
Sauvera-t-il l'humanité ?
X, Parasite ou Berserk se sont bel et bien inspirés de la série. Il en est de même de la série de jeux vidéos Shin Megami Tensei.
Hideaki Anno, grand fan de l'oeuvre de Nagaï (il adaptera même Cutey Honey en film par la suite), avoue l'influence majeure qu'aura eu l'ouvre sur sa célèbre série Evangelion, aussi bien pour l'ambiance apocalyptique que pour le savant mélange de référence mythologiques et pour sa fin marquante.
Une ouvre culte qui a marqué des générations de japonais et posée les bases de l'horreur-fantastique dans les mangas.
Elle nous offre une vision noire et pessimiste de la nature humaine mais a aussi apporté maturité au genre manga grâce à son traitement révolutionnaire de la sexualité et de la violence. Source : Wikipédia
NAGAÏ, GÔ
Scénariste & dessinateur
Pourtant peu connu du public français, voire occidental, Nagaï Gô sera un jour redécouvert comme l’homme providentiel à bien des égards.
Créateur d’un genre (le robot géant transformable), initiateur de toute une économie du jouet et de la maquette, triomphal conquérant des marchés occidentaux avec son Goldorak, il aura tracé le sillon du manga dans l’esprit de toute une génération de jeunes Occidentaux.
Né dans l’enfer de l’après-guerre à Wajima, la destinée de mangaka de Nagaï Gô est toute choisie le jour où il découvre le Lost World de Tezuka Osamu.
Le jeune homme est doté d’une santé fragile, ce qui lui permet de se consacrer à son premier titre, Kuro no Shishi.
Ce sera à vingt ans, et auprès du grand maître Ishinomori Shôtaro, que Nagaï fera ses gammes pendant cinq courtes années à l’issue desquelles il décidera de créer ses propres histoires.
Fait rare au Japon, l’ancien assistant devenu mangaka crée par ailleurs sa propre structure éditoriale en 1970 : Dynamic Production.
Nagaï se lance dans une production effrénée, qu’il serait vain de détailler ici. Evoquons néanmoins les universels Mazinger Z, Great Mazinger, Grendizer, Getter Robot pour les mechas, Devilman ou encore Cutey Honey pour l’horreur.
Car le maître Nagaï n’est jamais aussi à l’aise que dans les histoires où il repousse les limites du trash et du mauvais goût.
Bien avant Ken le survivant, il avait inventé, avec Violence Jack, le principe d’un monde postapocalyptique.
On ne compte plus les OAV, les films d’animation ni les séries télé qui ont été réalisées autour de son oeuvre et ont construit l’essentiel de sa renommée.
Il remportera en 1980 le quatrième Prix Taisho décerné par Kôdansha pour Susano-ou, et sera célébré en 1997 par toute la profession pour ses trente ans de carrière...
Source : Dico Manga

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