BOY'S NEXT DOOR de Yuki Kaori
SYNOPSIS
Adrian est instituteur. Gentil et sérieux la journée, il se transforme pourtant en tueur en série spécialisé dans les prostitués la nuit.
Un soir, il est vu par le prostitué Lawrence qui trouve sur les lieux du crime un indice pouvant révéler son identité.
Lawrence décide de faire du chantage à Adrian mais les deux hommes finissent par tisser une relation particulière.
Le tout commence par le jugement de Adrian pour le meurtre de Lawrence, l'histoire est un gros flashback.
On apprend le passé de Adrian, enfant non désiré par sa mère tombée enceinte après s'être fait violer par un clown dans une fête foraine.
On apprend aussi que sa mère était une prostituée et qu'elle ne l'a jamais aimé.
Un jour, elle décide de le ramener d'où il vient et l'abandonne dans une fête forraine, d'où les cauchemars récurrents de Adrian avec le clown.
Bref, quand il retourne chez lui, il surprend sa mère faire son boulot de prostituée, avec un client qui tente de la tuer.
Blessée, elle voit son fils et lui demande de l'aide mais Adrian l'achève, puis lui bande les yeux. C'est de cette manière qu'il tuera ses autres victimes.
Lawrence est devenu prostitué en recherchant son frère disparu. En fait, son frère est son maquereau. Il n'a pas le droit à la liberté mais c'est tout ce qu'il aspire.
Ayant réussi à convaincre Adrian d'arrêter de tuer, Lawrence pense s'en aller avec son ami mais Adrian le tue par erreur.
Adrian ne s'en remet pas et s'enferme avec le cadavre du jeune homme jusqu'à l'arrivée de la police. A l'hopital psychiatrique, il ne fait que songer et sourire.
Alors qu'il est laissé sans surveillance sur la terrasse, il voit un Lawrence dans le ciel lui faire signe et saute dans le vide pour le rejoindre... Devil Inside
Rick a bientôt quinze ans. A son quinzième anniversaire, Rick est atteint d'étranges symptômes : il ne supporte pas l'ail ni le soleil.
Sa mère lui révèle son identité : il descend d'une lignée de vampires ! Petit à petit, des gens qui l'ont approché de trop près disparaissent, son meilleur ami en premier.
Il doit prévenir la fille qu'il aime !
En fait, on découvre que ce n'est pas lui le tueur mais son meilleur ami disparu !
Il s'agit de son cousin qui a donc du sang de vampire dans les veines. Il a d'ailleurs sucé le sang du père de la copine de Rick, à l'origine chasseur de vampire.
A la fin, il est invité chez elle et on voit le père avec un drôle de visage... When a heart beats
Une femme vient de se marier avec un homme riche. Lorsque l'ex-femme de son mari vient lui rendre visite, elle meurt après une tasse de thé !
En panique, la jeune mariée ne sait que faire lorsque le cadavre disparaît, et reçoit le coup de fil d'un jeune homme : il lui suffit de réunir une certaine somme afin de retrouver le cadavre.
Au début de l'histoire, on voit un jeune homme qui rêve de son enfance. Petit, son frère le contrôlait et il a volé sous ses ordres.
A cause d'un mensonge, une jeune fille de son âge s'est fait renverser. Il espère qu'elle vit. Bref, le jeune homme qui fait du chantage n'est autre que le garçon, la jeune femme n'est autre que la jeune fille.
Les deux tombent amoureux mais tout n'est qu'un coup monté : le petit frère avait pour ordre d'empoisonner la fille !
Le grand frère n'est autre que le nouveau mari et le véritable meurtrier de l'ex-femme. Bref, le jeune homme se rebelle contre son frère lorsqu'il apprend qu'il s'agit bien de la fille de son rêve et décide de ne pas l'empoisonner.
Bref, il s'est libéré de l'emprise du frère...
CRITIQUE
Boy's Next Door est un one-shot de Kaori Yuki comportant trois histoires. La première, qui donne son nom au recueil, prend la moitié de l'ouvrage.
La deuxième, Devil Inside, est la troisième histoire courte publiée dans la carrière de Kaori Yuki. Quant à la dernière histoire de ce recueil, When a heart beats, il s'agit de sa deuxième histoire courte jamais publiée.
Les lecteurs allemands semblent apprécier Kaori Yuki et Carlsen Comics le leur rend bien : entre Angel Sanctuary, God Child (sous le titre sont regroupées toutes les séries mettant en scène le comte Cain) et Néji, on trouve aussi Cruel Fairytales, Kaine, Gravel Kingdom, Ludwig Revolution, Boy's Next Door, Blood Hound et plus récemment Fairy Cube (comme pour le public français).
N'étant pas une fan de Kaori Yuki, j'ai lu ce titre pour des raisons simples : il était disponible, j'ai beaucoup entendu parler de ce Kaori Yuki par les fans de yaoi, c'est un one-shot donc pas de suite à chercher dans la librairie.
Pourtant, je ne voulais pas lire un Kaori Yuki en allemand : je me souvenais des maux de crâne causés par Angel Sanctuary en français, sans oublier ses planches détaillées pour une lecture squattage.
Malgré tout, j'ai réussi à en venir au bout et force est de constater une chose : la lecture fut très agréable.
Boy's Next Door est finalement un beau one-shot. Les fans seront comblés par l'histoire éponyme, on y trouve tous les thèmes fétiches la mangaka : amour impossible, histoires de familles tragiques, sang, morts, personnages torturés, destins funestes et grain de folie.
Dans Boy's Next Door, l'histoire d'amour impossible a la particularité de se dérouler entre deux hommes, ce qui attire en plus le public fan de yaoi.
Et bien sûr, il plane sur cette relation une atmosphère morbide (le truc du "je dois le supprimer"). Les personnages ont des noms anglais vu que l'histoire se déroule aux Etats-Unis pour développer l'exotisme occidental (pour le public japonais et la mangaka).
Les planches de Boy's Next Door sont chargées, mais elles se révèlent très claires. Kaori Yuki a fait bien des progrès depuis Angel Sanctuary.
J'aime beaucoup le dessin de Boy's Next Door, plus que celui du récent Blood Hound où justement, c'est trop lisse.
Froid, comme dirait une forumeuse. Dans Boy's Next Door, les planches sont chargées mais pas trop, lisses mais pas trop.
Ca reste bien sombre et l'atmosphère propre aux oeuvres de Kaori Yuki est bien là, grâce à l'utilisation des trames.
Au passage, elle en fait toujours une merveilleuse utilisation. La narration est très claire aussi, Kaori Yuki s'est améliorée depuis Angel Sanctuary.
La lecture se révèle donc fluide, même en allemand.
Finalement, Kaori Yuki aura réussi à nous faire entrer dans les pensées intimes d'un tueur en série. Et pire, on s'y attache à mesure qu'on connaît son passé, ainsi que son histoire d'amour tragique avec Lawrence.
Personnage finalement très humain et torturé par la folie, on finit par ressentir un peu de sympathie et surtout, on finit par le comprendre.
Quant à Lawrence, il représente une victime, LA victime, le martyre. L'issue de leur amour est tragique mais il est aussi sublimé par Lawrence.
Finalement, ils n'auraient jamais pu vivre heureux, ils sont bien trop torturés. Et puis, même si c'est ce qu'on souhaite, on n'y aurait jamais cru.
Encore moins dans un Kaori Yuki. C'est là que se situe la beauté de cette histoire.
Kaori Yuki arrive à partager les peines des personnages tout en évitant les pleurs, ce qu'elle n'avait pas assez réussi dans Angel Sanctuary à mon avis.
J'avais l'impression, dans sa série phare, de ressentir de l'excès. Il y avait trop de plaintes, trop de peines, trop de larmes, ça m'agaçait.
Dans Boy's Next Door, Kaori Yuki parvient à trouver un équilibre. Finalement, Lawrence et Adrian sont des personnages réussis.
C'est ce qui fait la force de l'histoire. On partage leurs sentiments pendant la moitié d'un volume mais ils parviennent à marquer.
Les autres histoires présentes dans le one-shot sont anecdotiques. Elles sont surtout glissées là pour faire plaisir aux grands fans de la mangaka.
Ainsi, il est possible de découvrir d'anciens travaux. Devil Inside se passe également aux Etats -Unis. Il s'agit d'une histoire fort sympathique mais rien de bien transcendant, pour ceux qui aiment les vampires.
Ca reste divertissant (avec la chute) et c'est intéressant de voir une oeuvre de jeunesse, les personnages commencent à avoir un design Kaori Yuki mais on sent que c'est très vieux.
Les fringues sont en tout cas très estampillées années 80 et font sourire.
When a heart beats est pénible à lire. C'est une des plus vieilles histoires de la mangaka. Le dessin fait très vieux manga et ne ressemble pas du tout à du Kaori Yuki.
Ca fait très Kimagure Orange Road pour reprendre cette même forumeuse, vu que je ne trouve pas d'autre titre de manga.
L'histoire est assez inintéressante et pire : la narration est hyper brouillon. C'est un gros bordel, j'avais parfois l'impression d'avoir sauté des pages.
L'histoire est tout de même bel et bien Kaori Yuki avec encore une intrigue fraternelle.
Boy's Next Door est recommandé aux fans de Kaori Yuki. Il s'agit d'une bonne surprise. La force de l'histoire ne se situe pas au niveau du scénario (surtout que la fin est connue au départ) mais plutôt chez les personnages.
La suite du recueil n'est pas du même niveau, malheureusement. Je regrette surtout ce When a heart beats qui n'est pas fameux.
J'espère pour les fans que Boy's Next Door verra une sortie française. En tout cas, j'ai bien fait de le lire : Boy's Next Door est rarement disponible en librairie.
Source : http://sugaryin.over-blog.com
YUKI, KAORI
Dessinatrice & scénariste
Après être passée par une école d’art privée, Yuki Kaori commence sa carrière de mangaka en 1987, à la suite d’un concours de bande-dessinée où elle termine demi-finaliste, ce qui lui vaut d’intégrer le magazine pour adolescentes Hana to Yumé, qu’elle ne quittera plus.
Son oeuvre est singulière par son foisonnement, mais aussi par sa cohérence. En 1994, elle entame une suite de nouvelles centrées sur le personnage du comte Cain, enquêteur victorien et amateur de poisons.
En 1995, après sept recueils de nouvelles, elle bifurque vers ce qui deviendra son oeuvre culte : Angel Sanctuary, qui met en scène un frère et une soeur amoureux l’un de l’autre.
Yuki produit en parallèle quelques nouvelles éditées ensuite en recueil pui, en 2001, lance un nouveau manga, God Child.
Surprise, ce nouveai titre remet en selle le comte Cain. Le style graphique de Yuki a évolué, il est devenu magnifique, et elle fait preuve d’une belle maîtrise de la narration.
Influencée par le mouvement musical du Visual Kei (un équivalent japonais du Glam Rock), la dessinatrice reprend les caractéristiques visuelles et les thèmes préférés des groupes nippons : visages mélancoliques, sang et amours interdites, panoplie gothique.
Le soin apporté à la conception des vêtements, dans ses illustrations, va de pair avec un travail de composition minutieux.
Les plumes, cuirs, tatouages et larmes s’y conjuguent dans une grammaire visuelle complexe et foisonnante...
Source : Dico Manga

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